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Pour être charitable, nous passerons assez vite sur les textes les plus ternes. Ils sont hélas nombreux à s’engluer dans le nostalgique-régressif, que Noël c’est tout de même la fête des enfants, comme si quelque part c’était quand même un peu sacré le Père Noël et tout le folklore. Alors ça plaisante gentiment sur les Lutins, les rennes, et les cheminées, mais pour finir tranquillement en mignon tout plein.
Béatrice NICODEME donne dans le récit noir, façon Hitchock presents, sobre, bien mené et sans nouveauté. Fabrice COLIN et James POWELL font dans l’académique. Hervé JUBERT donne dans le n’importe quoi.
Tout cela sent le travail de commande peu inspiré.
La couverture aurait du nous alerter : elle est très fidèle au contenu du recueil : gentille comme tout. Avec du doré et des Rois Mages, comme une couverture de Télé7Jours le 25 décembre.
Beurk !
Donc Déception.
Quelques louables efforts d’imagination : Johan HELIOT a imaginé un Etat où les festivités sont devenues totalitaires. L’idée est séduisante, mais le résultat n’est réellement pas convaincant. Xavier MAUMÉJEAN délire une enquête Sherlock-Holmes-like dans un univers de simili fantasy où Pères Noël et Saint Nicolas se foutent sur la gueule. Rigolo mais pour tout dire assez foutoir. Mais rigolo.
Même David CALVO, qu’on estime assez pour ne pas le soupçonner de gentillesse, a conservé ses moufles pour égratigner l’institution commerciale qu’est devenue Noël [cliché], que ça enrichit les capitalistes parce qu’après tout c’est quand même Coca-Cola qu’est derrière tout ça [cliché]. Le tout dans un récit à plusieurs voix construit en éclaté - comme il se doit [cliché].
Il faut donc admettre que ce ne doit pas être simple d’écrire une novelette sur le thème de Noël sans se laisser gagner par "la magie", et perdre tout son mordant face aux risettes des petites-nenfants.
« Les Noëls Électriques » recèlent heureusement quelques bonheurs, venus de quatre femmes : chez les auteurs francophones, Mélanie FAZI signe un très beau texte empreint de mélancolie. Catherine DUFOUR ricane comme elle sait le faire et réinvente la genèse du papa Noël avec un bel humour et une gouaille pétillante.
Connie WILLIS livre trois textes dont deux sont d’une mièvrerie confondante. Mais le troisième, Le Poney est sombre à souhait, un éclat de ténèbres au milieu des flocons. Chouette.
Enfin, la guirlande d’honneur revient à Léa SILHOL : elle est la seule à avoir su retourner à son profit le grand tralala de Noël, expédiant un looser magnifique en Laponie pour y découvrir... une incroyable machination. Bien écrit et très drôle. J’ai adoré les formules du genre :
« La période des fêtes est arrivée. On m’a apporté un petit sapin. Les boules, je les avais déjà. »
Ouais, je sais, c’est pas grand chose, mais ça m’a fait rire.
Il faut donc attendre ce Winter Wonderland Inc. pour obtenir enfin ce qu’on nous avait promis, un peu d’incorrection.
Solstice d’hiver & merveilleux : Noël dans tous ses états est un article qui clôt le recueil et dont le titre résume assez bien le propos. André-François RUAUD raconte l’Histoire de la création du folklore de Noël, et on découvre comment depuis l’ancienne Mésopotamie, les festivités du solstice d’hiver se sont peu à peu transformées, empruntant époque après époque, au gré des cultes et des contes, tout ce qui allait aboutir à l’actuelle farandole. C’est littéralement passionnant pour qui s’intéresse aux mythes, grands ou petits.
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Le sous-titre du recueil précise « 19 récits de magie et de mystère ». J’estime personnellement que la proportion s’établit à 75% de « magie » pour 25% de « mystère », et c’est une formule qui me laisse sur ma faim. A LIRE AUSSI : Le point de vue, plus positif, de Razheem L’insensé sur le SFORUM |
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