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Dans la cité d’Ambregris, Dradin, par amour pour une jeune inconnue, s’aventure dans les bas-fonds en plein carnaval meurtrier. On chasse le calmar royal, mais souvent à ses dépens. De mauvais écrivains deviennent soudain des génies... et d’autres sombrent dans la folie en prétendant avoir inventé Ambregris. L’on murmure aussi que, cachés sous la ville, les premiers habitants, qui ressemblent à des champignons, préparent leur revanche...
Une oeuvre de fiction inclassable, à ranger à côté de CALVINO et BORGES, Prix du Cafard cosmique 2007

D’ordinaire un Jury du Prix du Cafard cosmique, c’est une demi-douzaine de type autour d’une table de café qui défendent, armes au dents, leurs bouquins favoris. Les arguments pleuvent, les moqueries se font méchantes, la mauvaise foi s’invite aux débats. Il y eu même des années où on dû prévenir le SAMU.
Cette année fera exception : d’un élan assez unanime, le lauréat s’est détaché du reste des compétiteurs sans anicroche ni coups bas - et pourtant AK s’était immiscé.
Le Jury se composait cette année de :
Signalons que SoleilVert et Nolive, qui ne pouvaient se trouver physiquement avec nous pour des raisons fort douteuses qui ne nous regardent pas, avaient fait connaître leurs votes par courrier.
Salomé, habituellement préposé à l’alibi féminin, nous fit faux bond, et nous en fûmes fort marris en l’apprenant, avant de nous ressaisir et de commander quelques bières supplémentaires. Heureusement, une demoiselle nous rejoignit tout de même, au bras d’AK, qui fut - à la réflexion - rarement aussi utile. Remarquons aussi la présence de Daylon, compère historique des Cafards, intarissable sur tous les sujets et apparemment moins instable psychologiquement qu’il y a quelques années.
Les débats pouvaient commencer.
On balaya rapidement le Spin de Robert Charles WILSON, best-seller multi-pluri-médaillé qui n’a plus réellement besoin d’être signalés aux lecteurs de SF&F comme une œuvre remarquable.
De même, Radieux de Greg EGAN, pour excellent qu’il soit, fut mis de côté sans états d’âmes. On sentait déjà dans les regards que chacun avait à cœur de défendre son œuvre favorite - et visiblement la hard-science australe du grand Monsieur EGAN ne figurait pas au top des palmarès. Quant aux Leçons du monde fluctuant de Jérome NOIREZ, elles n’eurent pas suffisamment de défenseurs pour participer à l’affrontement final.
On s’est donc rapidement rendu compte que deux des cinq oeuvres en lice concentraient la majorité des suffrages : Ombres sur le Nil de Edward WHITTEMORE et Janua Vera de Jean-Philippe JAWORSKI. Un simple tour de table a suffit à les départager, au profit du Français, dont c’est, il faut le souligner, le premier recueil. Et si PAT en avait gros sur la patate, on le consola en faisant remarquer que Edward WHITTEMORE avait toutes ses chances de participer au Prix du CC 2009, le quatrième volume du cycle étant paru cette année.

Ce Prix du Cafard cosmique 2008 est donc, à plus d’un titre, une première. Première consécration d’un auteur français. Premier Prix du CC pour cet éditeur, Les Moutons Électriques, dont nous saluons régulièrement le travail. Premier Prix décidé par le Jury sans effusion de sang, ce qui rend optimiste pour les années à venir [même si, en réalité, les bastons verbales ont du bon aussi.]
Félicitations donc à Jean-Phillippe JAWORSKI, jeune professeur de français passionné de jeux de rôle historique, et auteur de fantasy, dont la plume superbe et l’érudition nous ont conquis.
Rappelons que Le Cafard cosmique avait interviewé JAWORSKI dès la parution de son recueil en mai 2007, une interview toujours en ligne ici.

En sept histoires, le portrait de sept personnages qui n’ont en commun que de vivre dans ce Vieux Royaume en voie d’effondrement. Un chevalier incorruptible, une paysanne, un barbare tourmenté, un scribouillard malchanceux, un assassin, un prêtre ayant fait voeu d’Obscurité, un roi tout puissant rongé par les cauchemars... petits ou grands, leur vie se précipite, et la destinée les frappe.
Superbe et même envoûtant.
> A LIRE : La critique de Janua Vera
> A VOIR : Plus d’infos et des photos de l’événement sur la page du Prix du CC 2008 sur Facebook
Ajoutons que, cette année encore, un internaute tiré au hasard parmi les votants se verra récompensé : il gagnera un bon d’achat de 50 euros sur Amazon.fr. [Résultat d’ici quelques jours.]
Les 5 œuvres en compétition avaient été sélectionnées par le vote des internautes du Cafard cosmique, entre le 12 avril et le 10 mai dernier. Il s’agissait de :
Rappelons que toutes les œuvres parues en France en 2007, romans et recueils, français ou d’origine étrangère, étaient nominables par le vote des internautes, tant qu’elles appartenaient aux genres qui nous intéressent ici : Science-Fiction, Fantasy, Fantastique, Transfictions.
Pour info, sachez que, parmi les œuvres qui arrivaient parmi les plus citées par les internautes, il y avait aussi :
UN PRIX OUVERT A TOUTES LES OEUVRES DE SF
Le Prix du Cafard cosmique récompense chaque année la meilleure oeuvre de Science et Trans / Fiction, roman ou recueil de nouvelles, française ou étrangère, parue pour la première fois en France l’année concernée.
ETAPE 1 : LE VOTE DES INTERNAUTES
Le vote par mail des internautes, pendant une période de 1 mois, permet d’établir la liste de 5 oeuvres en compétition. Attention : un seul vote admis par votant et par adresse IP, c-a-d par ordinateur.
ETAPE 2 : LE VOTE DU JURY
En mai, un collège restreint de rédacteurs du Cafard cosmique se réunit dans un endroit extrêmement secret pour débattre avant de choisir l’oeuvre qui remporte le Prix.
CONDITIONS POUR FAIRE PARTIE DU COLLEGE RESTREINT :
« La cité des saints et des fous » [ED. CALMANN-LEVY / INTERSTICES], c’est une ville imaginaire crédible jusqu’à l’obsession [et donc tout sauf réaliste], plus baroque que Gormenghast, plus glauque que Nouvelle-Crobuzon...
Ce recueil contient des fables à faire peur, des récits historiques, un roman d’amour triste, des recettes de cuisine, de la poésie, de faux précis de zoologie, de vrais contes à dormir debout, et des calmars royaux.
On y retrouve l’influence de BORGES, de LOVECRAFT et de KAFKA ; autant dire que « La cité des saints et des fous » sort des sentiers battus et propose une relecture pour le moins radicale de ce qu’on appellera, à défaut d’autre chose, de la Fantasy.
[mail reçu le 22 mai 2007]
Thanks for this ! I’m thrilled to have won, especially considering the pedigree of previous winners, and I got a real kick out of the description of the judging process. [And have just blogged about the award.]
I am going to be a guest of Utopiales in late October, so hope to get to
meet some of you then.
Best Wishes,
Jeff
A LIRE AUSSI :
> La critique de « La cité des saints et des fous »
> L’interview de Jeff VANDERMEER, réalisée à la rentrée 2006
> La fiche-auteur de Jeff VANDERMEER

Mr.C